Écotoxicologie

Une approche in vitro innovante pour évaluer l’impact environnemental des contaminants présents dans l’eau de mer

Les écosystèmes côtiers marins figurent parmi les environnements les plus riches en biodiversité, mais également parmi les plus vulnérables aux pressions anthropiques. Ils sont aujourd’hui exposés à une multitude de contaminants issus des activités humaines : métaux lourds, hydrocarbures, microplastiques, filtres UV, médicaments… Ces substances modifient profondément les équilibres biologiques et peuvent perturber les relations symbiotiques indispensables au fonctionnement des organismes marins. L’évaluation de l’impact des contaminants sur ces milieux constitue ainsi un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité marine et le développement de produits plus respectueux de l’environnement. 

SYMAR a développé un test d’écotoxicité marine innovant reposant sur des cultures cellulaires issues de l’anémone de mer symbiotique Anemonia viridis, organisme bio-indicateur reconnu des écosystèmes côtiers méditerranéens et modèle biologique apparenté aux coraux constructeurs de récifs.

A partir de tentacules de l’anémone de mer, et grâce à l’extraordinaire capacité de régénération de cet organisme, le prélèvement de tissus peut être réalisé sans compromettre la survie de l’animal, on peut obtenir séparément des cultures de cellules primaires du gastroderme d’A. viridis ainsi que des cultures de ses symbiotes, Philozoon actiniarum et Breviolum psygmophilum

Le protocole expérimental de ce bioessai comprend une première phase d’exposition, au cours de laquelle les cellules en culture sont mises en contact avec le produit testé afin d’évaluer ses effets directs sur différents paramètres vitaux, notamment la viabilité et la croissance cellulaire. Une seconde phase permet ensuite d’analyser la capacité de résilience des cellules après retrait du contaminant. L’ensemble des données générées conduit au calcul d’un ECOSCORE, indicateur du niveau d’impact environnemental du produit évalué, ce protocole a fait l’objet d’une déclaration d’invention de savoir-faire (Enveloppe Soleau N°DSO2019003244).

Cette méthode s’est notamment révélée particulièrement pertinente pour l’étude de l’impact de produits solaires et de leurs filtres UV, dont les effets peuvent varier d’impacts modérés à des altérations irréversibles des fonctions cellulaires. Comparativement aux bioessais conventionnels réalisés sur des organismes entiers (coraux, crustacés ou poissons), les approches in vitro présentent de nombreux avantages. Elles permettent de travailler sur des populations cellulaires homogènes dans des conditions strictement contrôlées tout en offrant une excellente reproductibilité et des temps de réponse réduits. Elles fournissent également une compréhension plus fine des mécanismes cellulaires affectés par les contaminants. Enfin, cette technologie constitue une alternative écoresponsable pleinement conforme au principe des « 3R » – Remplacer, Réduire, Raffiner – et s’inscrit directement dans les objectifs de développement durable des Nations Unies relatifs à la conservation des océans (ODD 14). Elle illustre le potentiel des approches cellulaires innovantes pour concilier progrès scientifique, éthique de la recherche et préservation des écosystèmes marins.

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