Proposition de Stage de Master 2027

I-Initiation de la symbiose Cnidaire-Dinoflagellés – Étude de l’activité chimiotactique de Dinoflagellés symbiotiques et impact du changement climatique De nombreux cnidaires, dont les coraux constructeurs de récifs, entretiennent une relation mutualiste étroite avec des microalgues de la classe des Dinoflagellés et de la famille des Symbiodiniaceae. Cette endosymbiose intracellulaire est cruciale pour les cnidaires dont les besoins énergétiques sont couverts jusqu’à 90% par les produits de l’activité photosynthétique des Symbiodiniaceae. Cette symbiose est très répandue dans les milieux tempérés et subtropicaux représente un élément clé pour la fondation trophique et structurale des écosystèmes récifaux, qui abritent plus de 25% de la biodiversité marine. En raison de sa grande importance écologique, cette symbiose est étudiée depuis des décennies. Cependant, les mécanismes de signalisation et de communication entre les deux partenaires restent encore largement à explorer, notamment au niveau cellulaire et moléculaire. Dans le contexte du changement climatique global, il est aujourd’hui très important d’étudier les conséquences de ces perturbations environnementales sur la stabilité de cette symbiose.Ce projet vise à élucider le comportement d’attraction spécifique de dinoflagellés symbiotiques tempérés (Philozoon actiniarum et Breviolum psygmophilum) en réponse à des molécules produites par leur hôte animal (l’anémone de mer Anemonia viridis), ainsi que l’influence des changements environnementaux, tels que l’augmentation de la température de l’eau de mer sur l’étape d’initiation de la symbiose Cnidaires et dinoflagellés. Nous aborderons cette question grâce à une approche intégrant : i) des tests de chimiotaxie pour identifier les molécules chimioattractantes ; ii) des analyses microfluidiques pour déchiffrer en détail le mouvement des symbiotes en réponse aux gradients de ces molécules ; iii) des analyses physiologiques et morphologiques. Ce projet rassemble des équipes disposant d’une expertise complémentaire et transdisciplinaire en physique et en sciences de la vie, et est financé par l’IdEx Université Côte d’Azur (Complexité et diversité des systèmes vivants). Deux étudiants en master seront recrutés en parallèle : un physicien au laboratoire INPHYNI (Institut de Physique de Nice) et un biologiste dans notre laboratoire. Chaque étudiant élargira son domaine d’expertise grâce à des expériences complémentaires menées dans les deux laboratoires. Les travaux interdisciplinaires des deux étudiants poursuivront le même objectif principal : établir une corrélation entre les propriétés du comportement de nage et d’attraction des symbiotes dans un environnement changeant.L’étudiant en master recruté dans le cadre de ce projet de stage travaillera à la fois sur les cultures des dinoflagellés symbiotiques isolés d’A. viridis : P. actiniarum et B. psygmophilum, et sur du matériel biologique provenant de spécimens symbiotiques et aposymbiotiques d’A. viridis. L’identification des molécules animales impliquées dans l’attraction des symbiotes se fera par une approche ciblée de chimioattractants potentiels validée par l’utilisation d’un test de chimiotaxie basé l’utilisation de microcapillaires en verre. Des travaux précédents menés au laboratoire ayant permis de démontrer une activité chimiotactique des Symbiodiniaceae envers des extraits d’A. viridis et de sélectionner des chimioattractants potentiels qui seront testés au cours de ce stage.Le projet de stage a pour objectif d’affiner les résultats obtenus et s’organisera en deux axes :La validation de composés chimioattractants issus d’A. viridis capables d’attirer les Symbiodiniaceae.Pour cela, l’activité chimiotactique de différentes molécules de l’anémone de mer, obtenues par séparation chimique, sera testée à l’aide des microcapillaires en verre. Les molécules dont l’activité sera validée par ce test pourront ensuite être analysées en collaboration avec Institut de Physique de Nice grâce à la microfluidique, qui permettra de caractériser le comportement de nage des Symbiodiniaceae en présence ou en absence des chimioattractants.L’étude de l’impact d’un stress hyperthermique sur les activités chimiotactiques des Symbiodiniaceae.Des cultures de Symbiodiniaceae seront soumises à des stress thermiques allant de conditions de thermo-tolérance vis-à-vis de la relation symbiotique (+5°C) à des conditions d’hyperthermie connues pour induire la rupture de la symbiose (+8°C). L’impact du changement climatique sur la mise en place de la symbiose sera évalué en mesurant le comportement (par exemple, la croissance et l’attraction) et en effectuant des analyses physiologiques et morphologiques des cultures soumises à ces différents stress.Ces mêmes analyses seront aussi effectuées en microfluidique pour analyser l’impact de ces hyperthermies sur les comportements de nage des Symbiodiniaceae en présence ou en absence des chimioattractants.Techniques utilisées : culture microalgues (maintien des cultures, suivi de croissance, mesure de viabilité), extraction protéique, tests de chimiotactisme (microcapillaires en verre, transwell), imagerie microscopique, analyse fluorimétrique (via Pulse Amplitude Modulation fluorometry), analyse d’images.Profil recherché : Nous recherchons un(e) étudiant(e) curieux, méticuleux et motivé, ayant idéalement une formation en biologie cellulaire et un intérêt particulier pour la biologie marine. Une expérience culture de microalgues et des compétences pour l’utilisation du logiciel de traitement d’image FIJI seraient un plus. Par ailleurs, nous recherchons un(e) candidat(e) avec une bonne capacité d’adaptation de communication et de travail en équipe.Contact : Dr Stéphanie Barnay-Verdier, stephanie.barnay-verdier@sorbonne-universite.frURE Symbiose Marine, 28 avenue de Valrose, Nice.

Proposition de stage de Master 2027

II- Exploration de la Diversité Physiologiquede Millepora platyphylla à l’échelle de l’Océan Pacifique Contexte scientifiqueLes récifs coralliens figurent parmi les écosystèmes les plus riches en biodiversité, mais également parmi les plus menacés par les changements environnementaux. Si les épisodes de blanchissement constituent l’une des manifestations les plus visibles du stress subi par les coraux, l’absence de blanchissement ne signifie pas nécessairement que toutes les colonies présentent un état physiologique identique.Des travaux récents menés dans le cadre des expéditions Tara Pacific ont révélé une importante diversité physiologique entre colonies coralliennes pourtant visuellement non blanchies. Cette diversité, largement associée aux conditions environnementales, suggère que les coraux peuvent présenter différents états métaboliques sans manifester de signes extérieurs de stress.Dans ce contexte, les Hydrozoaires du genre Millepora, communément appelés « coraux de feu », constituent un modèle particulièrement intéressant. Présents sur de nombreux récifs de l’Indo-Pacifique, ils établissent, comme les coraux scléractiniaires, une association symbiotique avec des microalgues photosynthétiques de la famille des Symbiodiniaceae.Ce projet vise à explorer la diversité physiologique de Millepora platyphylla à travers l’analyse d’environs 200 colonies collectées sur 25 îles du Pacifique, afin de mieux comprendre comment leur état métabolique varie entre individus et environnements. Objectifs du stageL’objectif principal sera de caractériser la variabilité physiologique de colonies de Millepora platyphylla à partir d’une approche intégrant plusieurs biomarqueurs cellulaires et métaboliques.Le stage cherchera notamment à répondre aux questions suivantes :·     Les colonies de Millepora platyphylla présentent-elles une diversité physiologique importante malgré une apparence extérieure similaire ?·     Comment varient les contributions respectives de l’hôte animal et de ses symbiontes photosynthétiques ?·     Les marqueurs du métabolisme mitochondrial et de l’équilibre redox permettent-ils de distinguer différents états physiologiques ? Travail expérimental et approches méthodologiquesLe stage reposera sur l’analyse d’échantillons de Millepora platyphylla préalablement collectés dans différentes îles du Pacifique. Après une phase de familiarisation avec la biologie des coraux et les protocoles expérimentaux, l’étudiant(e) participera aux différentes étapes de caractérisation physiologique :1. Préparation des échantillons et extraction des tissus2. Quantification des biomasses animales et symbiotiques3. Caractérisation biochimique (analyse marqueurs redox par test Elisa et spectroluorimétrique et/ou moléculaire (approche bio-info d’analyse de profondeur de séquençage de génome mitochondrial)4. Analyse et interprétation des résultats Profil recherchéCe stage s’adresse à un(e) étudiant(e) de Master 1 ou 2 en Sciences de la Vie / Ecophysiologie / Biologie Marine et présentant un intérêt pour les interactions entre organismes et environnement.Une appétence pour les approches expérimentales en biochimie et en biologie moléculaire est particulièrement recherchée. Le projet nécessite rigueur expérimentale, sens de l’organisation, autonomie progressive et soin dans la gestion des échantillons et des données.Nous recherchons également une personne curieuse, motivée par la compréhension des mécanismes biologiques et sensible aux enjeux environnementaux, notamment à la conservation des récifs coralliens face aux changements globaux. Laboratoire d’accueil : Symbiose Marine (SYMAR), Université Côte d’Azur, Campus Valrose (Nice)Niveau : Master 1 ou 2Parcours : Sciences de la Vie, Biologie marine ou Biologie cellulaire et moléculaireEncadrement : Paola Furla (paola.furla@univ-cotedazur.fr) & Thamilla Zamoum (thamilla.zamoum@univ-cotedazur.fr)

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